Troisième partie

Contemplons l’Amour qui aime

Chapitre 6

Contempler l’Amour

Contempler l’Amour, c’est contempler Dieu car Dieu est Amour. Et contempler Dieu, c’est contempler la Joie! C’est contempler, c’est toucher le Bonheur. Car Dieu est Joie, Dieu est bonheur! Contempler l’Amour, c’est trouver QUELQU’UN.

Ô Dieu, Tu es notre Joie, notre contemplation, notre bonheur...

Nous Te prions Seigneur, Toi qui es l’Amour, Toi qui es Plénitude, Toi qui es l’Etre-Bonheur, l’Etre-Joie, l’Etre-Don car l’Amour. Et nos pauvres paroles retournent sans cesse vers l’Amour, ton Amour, Essence même de Dieu, Amour du Père et du Fils, tellement intense, vivant, glorieux, joyeux, Amour du Père et du Fils, tellement unis qu’Ils ne sont plus qu’UN, un seul Amour: l’Esprit procédant de l’Amour, uni dans l’embrassement infini et éternel du Père et du Fils au sein de la Trinité que nous ne pouvons atteindre, que nous ne pouvons comprendre, que nous ne pouvons saisir et que nous ne pouvons dire...

Ô Amour  jailli de la Trinité dans un bonheur éternel et une joie indicible! Amour qui nous dit que Dieu unique et Trinité est QUELQU’UN...

Ô Seigneur, nous contemplons ton Bonheur, ta joie et ta félicité... Ton Éternité, ô Dieu est une éternité de délices et de félicité. Un bonheur tellement grand, un Amour si puissant qu’Il devient Créateur! Et la Création née de l’Amour, née du Bonheur, ne peut être que joie, plénitude, allégresse infinie! 

La Création est bonheur!... Dieu-Bonheur, Dieu-Amour nous a faits pour la joie, pour l’Amour. Nous sommes faits pour entrer dans la spirale infinie de l’Amour, de la Plénitude, du Don de l’Être aux petits êtres destinés au Bonheur, à la joie, à l’Amour. Nous sommes faits pour retrouver l’ÊTRE vivant qui nous aime, nous entend et attend notre amour.

Mon Dieu, comment exprimer ce bonheur que Vous nous donnez? Comment Vous dire la joie de nos coeurs à contempler votre joie, votre Bonheur, votre Amour, votre plénitude d’Amour. Nous nous perdons, Seigneur, absorbés que nous sommes dans cette spirale infinie de la Trinité, du Bonheur qu’est Dieu.

Poursuivons notre contemplation... Seigneur, nous ne pouvons Vous voir tant que nous sommes sur la terre; mais nous savons que, lorsque nous serons au ciel, cela ne posera plus de problème, car nous serons dans votre lumière et nous Vous connaîtrons. Mais en attendant, notre joie n’est pas complète: parfois même nous sommes tristes. Alors, Père des Cieux, notre Père, Vous avez eu cette trouvaille extraordinaire, tellement insensée que les anges rebelles n’ont pas voulu l’accepter, Vous avez demandé à votre Fils, votre Unique, de prendre un corps d’homme, de devenir Jésus, pour qu’en voyant son visage nous voyions le visage de l’Amour: pour nous, par Amour, Vous avez rendu possible ce qui ne l’était pas: contempler l’Amour.

Nous pouvons Vous contempler Seigneur notre Dieu, et rendus muets devant un tel mystère, devant un tel Amour, nous nous sentons plongés dans votre joie et dans votre bonheur.  Et nous découvrons la Béatitude dont votre Amour nous comble dès cette terre.  

La béatitude des hommes

Quand on médite un peu sur la vie, on reste en admiration devant une telle merveille. Par quel miracle une petite cellule microscopique, composée seulement de quelques atomes, a-t-elle pu grandir seule, et se différencier avec une telle précision et une telle perfection? Toute seule, sans qu’aucun être terrestre intelligent n’intervienne! Jamais! Et comment, l’homme une fois formé, mais encore petit, peut-il se développer, grandir, acquérir des qualités physiques? Tout ceci, encore tout seul, sans que même l’intéressé ait à intervenir!

Puis la vie continuera. L’homme devra manger pour entretenir sa vie, mais la digestion et l’assimilation se feront toutes seules. Toutes seules se feront les fonctions vitales... Et toutes seules de nouvelles vies se développeront... Et surtout l’homme sera sensible: au beau, au bon, au bien, au mal. Il pourra choisir le bien et rejeter le mal. Il pourra aimer! D’ailleurs il est fait pour l’Amour, l’Amour de Dieu et du prochain, bien sûr! Contemplant la vie, la vie que Dieu nous donne à chaque instant, malgré nos refus de L’aimer, contemplant la vie et l’Amour, nous ne pouvons que nous émerveiller et dire avec le psalmiste: “Mon Dieu, mais qu’est donc cet être étonnant que je suis?” Et comment, encore, réussira-t-il à acquérir des qualités d’intelligence et de coeur?

Oui, nous nous émerveillons, et, devant tant d’Amour, nous ne pouvons nous retenir d’énoncer les béatitudes de l’homme qui s’émerveille de Dieu:

– Bienheureux ceux dont le coeur s’émerveille car ils seront heureux, éternellement heureux, et leur émerveillement n’aura pas de fin.

– Bienheureux ceux qui s’émerveillent des oeuvres de Dieu, leur éternité ira d’émerveillement en émerveillement.

– Bienheureux ceux qui s’émerveillent de l’Amour, Dieu les aime et leur fera la grâce de pouvoir L’aimer toujours davantage, d’un Amour inépuisable et toujours renouvelé.

– Heureux ceux qui s’émerveillent de Dieu, ils seront appelés les ravis, enfants de Dieu.

Ô notre Dieu! nous sommes émerveillés de vos merveilles, émerveillés de Vous,  Dieu, notre Père, Dieu, notre Amour!

Ô Dieu, nous sommes émerveillés de Vous, de Vous Père, de Vous Fils, de Vous Esprit d’Amour, Esprit de l’Amour du Père et du Fils. Nous sommes émerveillés de Vous Trinité Sainte, Dieu Puissant que nous adorons, mais aussi Dieu-Amour.

Ô Dieu, nous sommes émerveillés de Vous et de votre Fils Jésus dont le Coeur nous émerveille: comment pouvez-Vous nous aimer tellement? Jésus, votre Coeur nous émerveille, nous ne savons que dire: nous sommes émerveillés...

Nous sommes émerveillés et nous avons envie de vous chanter, de vous chanter un chant d’amour, un chant d’amour qui Vous dirait l’amour que nous avons pour Vous à cause de l’Amour que Vous êtes pour nous... Mais nos pauvres mots humains sont bien insuffisants pour exprimer la plénitude que Vous êtes, l’Amour que Vous êtes, la Vie que vous êtes, la joie que Vous êtes et que Vous nous donnez.

Pourtant Seigneur, avec nos pauvres mots humains nous allons essayer de Vous dire tout ce que avons sur le coeur et que, parfois, nous ne pouvons contenir car l’Amour qui le remplit c’est votre Amour à Vous, l’Amour que Vous lui avez donné. Chacun d’entre nous, dans son cœur, avec tout son amour, va essayer, Seigneur, de chanter son chant d’amour. Nous allons essayer, Seigneur, avec nos pauvres mots et malgré notre condition de pécheurs, malgré nos misères et nos insuffisances, nous allons essayer, nous souvenant que vous êtes Amour, nous souvenant de votre Miséricorde et de votre Amour pour nous, nous allons essayer de vous chanter un chant d’amour... Oui, en contemplant Jésus, chacun de nous peut imaginer le chant d’amour que Lui, le Fils, a dû chanter au Père. Et chaque homme, contemplant Jésus,  peut Lui murmurer ce qui suit:

Un chant d’amour

Je veux Vous chanter mon Dieu, avec mes pauvres mots. Alors, s’il Vous plaît Seigneur, mettez un exposant au-dessus de tous mes mots, celui qui Vous convient pour que mes pauvres mots deviennent un peu vos mots; pour que mon pauvre amour revienne à votre Amour... Je veux Vous chanter, Jésus, mais ma partition sera bien pauvre aussi, car je n’ai que huit notes à ma disposition. Un peu plus en comptant les dièses et les bémols, mais ça ne va quand même pas bien loin...

Ô Seigneur, quand Vous m’avez créé, Vous m’avez aimé, et Vous m’avez mis dans votre jardin, celui de votre Amour, et Vous m’avez tout de suite demandé que moi aussi je Vous aime. Alors, pour Vous répondre, pour répondre à votre Amour, je Vous ai cherché: c’est tout de même plus facile de parler à quelqu’un qu’on peut regarder, d’aimer quelqu’un qu’on peut voir et toucher... Mais je n’ai rien trouvé: ce n’était pas possible, car le péché nous avait séparés de Vous. Mais avais-je bien cherché? Avais-je un peu pensé à notre situation?

Seigneur, nous sommes “cachés” dans votre Coeur et dans votre Main. Dans cette Main, la vôtre, qui nous tient et nous protège, nous nous sentons si petits, car nous sommes si petits. Si petits pour votre grandeur, si faibles pour votre puissance.

Seigneur, avec tous mes frères, je suis dans votre main, blotti au creux de votre immense Main... Je me blottis au creux de votre grande et bonne Main comme un petit oiseau se blottit au fond de son nid, se cachant sous l’aile de sa maman, tout près de son coeur. Le petit oiseau, à l’abri, ne peut voir le nid qui l’entoure et le protège d’un monde bien tentant, mais aussi tellement dangereux pour sa faiblesse. Et puis, étant à l’intérieur du nid, comment pourrait-il voir le nid dans sa totalité: il lui faudrait aller dehors et il ne sait pas encore voler. Il est bien mieux au chaud, il est bien mieux près de tous ceux qui l’aiment.

Nous aussi Jésus, nous voudrions parfois tellement Vous voir. Mais ce n’est pas possible, car il nous faudrait sortir de votre Coeur. Nous voudrions tant Vous voir parfois Jésus, mais comme les tout petits nous devons vivre dans votre Amour. Et si nous quittons votre Cœur, alors, nous nous perdons.

Nous devons vivre dans votre Amour, ô Seigneur, pour mieux le contempler cet Amour qui est Vous, cet Amour qui est notre lumière et notre vie, qui est notre  bonheur et notre raison de vivre. Et notre chant aussi...

Seigneur notre Dieu, nous chantons votre plénitude, nous qui sommes si petits. Nous chantons votre infini, nous qui sommes limités. Nous chantons votre vie que Vous nous partagez. Nous chantons votre puissance, nous qui sommes la faiblesse. Nous chantons votre paix et votre infinitude, nous qui ne sommes qu’agitation et finitude...

Seigneur, Vous êtes notre bonheur et notre sécurité en ce monde en folie. Vous êtes notre joie, notre fontaine de joie dans ce monde en détresse. Vous êtes notre vie dans ce monde de mort. Vous êtes notre lumière au milieu des ténèbres. Vous êtes aussi notre guide sur les chemins perdus, les chemins sans issue, les routes dangereuses, sans signalisation, les routes de malheur. Doucement Vous guidez vos enfants pour qu’ils ne s’égarent pas, car il faut bien marcher sur ces routes du monde. Oui, il faut bien marcher pour atteindre le but où Vous nous attendez.

Vous êtes notre vérité, ô Seigneur, dans ce monde de mensonge. Vous êtes notre paix. Oui Vous êtes la paix Jésus, et la sécurité dans ce monde de haine, dans ce monde de guerres, dans ce monde bouleversé. Nous Vous attendons Jésus, pleins d’espérance pour ceux qui n’attendent plus rien, qui ont perdu l’Amour et n’ont plus d’espérance. Nous Vous aimons Jésus, c’est Vous qui l’avez voulu. Nous Vous aimons Jésus, nous ne savons pas comment, mais Vous, vous le savez. Car Vous êtes Quelqu’UN. Nous Vous aimons, ô Dieu, car c‘est Vous qui nous aimez!

Nous Te chantons Jésus, Notre Seigneur Bien-Aimé. Nous chantons ton Amour, nous chantons ta bonté. Nous Te chantons Jésus, c’est notre action de grâce, notre béatitude. Tu avais dit: “Bienheureux ceux qui pleurent... ils seront consolés.” Pourquoi n’as-Tu pas dit aussi: “Bienheureux ceux qui chantent, car...?” Car... car quoi? Qu’aurais-Tu dit, Jésus? Oh! s’il Te plaît, laisse-nous deviner...

Voici Jésus, que nous nous rendons en pensée près du Lac de Génésareth; en pensée nous Te voyons parler à tes disciples; en pensée nous T’écoutons. Tu parles des gens heureux qui deviendront des bienheureux: “Bienheureux ceux qui savent être heureux sur la terre, car ils remplissent de joie le Coeur de Dieu et les coeurs de leurs frères.

 

– Bienheureux les coeurs joyeux, car ils reflètent Dieu.

– Bienheureux les coeurs purs qui rient dans la clarté de Dieu, ils libèrent le coeur de leurs amis.

– Bienheureux les coeurs qui chantent, car ils aiment leur Dieu.

– Bienheureux les coeurs donnés, les coeurs offerts qui ne cherchent que Dieu: ils connaîtront la joie intense d’être comblés de Dieu...

– Bienheureux ceux qui aiment, car ils seront aimés.

– Bienheureux ceux qui sont toujours contents, toujours contents de Dieu et de leurs frères, ils connaîtront la joie de Dieu et la joie en Dieu.

– Bienheureux ceux qui sont heureux en Dieu, car là est le vrai bonheur.”

La fontaine de joie

Dieu est pour chaque homme comme une fontaine d’amour, une fontaine de joie et de bonheur qui se renouvelle sans cesse à la source féconde de la Sainte Béatitude...

La Fontaine de joie, don du ciel, don de Dieu... L’Évangile n’en parle pas beaucoup, mais Tu as dû, Toi aussi Jésus, être heureux dans Ton Coeur, dans ta vie. Toi aussi Tu as dû être heureux quand Tu rencontrais le Père, quand Tu souriais à ta Mère, quand Tu aidais Joseph. Toi aussi Tu as dû être heureux quand Tu pensais à ce que deviendraient un jour tes apôtres, lorsque, revenus de leurs péchés, ils sauraient accepter le martyre, pour Te prouver leur amour, leur foi et leur confiance.

Bienheureux aussi ceux qui sont capables d’être heureux dans leur coeur même quand leur être saigne... Qui peuvent rester heureux dans leur coeur et dans la foi, même quand tout semble s’écrouler autour d’eux.

Bienheureux les coeurs purs et heureux: ils verront et chanteront Dieu. Ils chanteront l’extraordinaire partition de l’Amour, de l’Amour qui est Dieu. L’Amour qui nous fait dire: “Je T’aime.”

Jésus! Fontaine de  joie et de béatitude, Tu nous émerveilles... et Tu nous rends heureux! Et nous sommes ta joie! Jésus, Tu aimes les gens heureux, les gens heureux de Toi, les gens heureux de Ton Amour, les gens heureux de Dieu.

Nous sommes la joie de Dieu

“Laisse-toi saisir par le Christ, laisse-toi aimer... Et ton Dieu se réjouira de toi, et ton coeur exultera de joie...”

Comment Dieu peut-Il se réjouir de nous? Nous, nous pouvons exulter de joie en Dieu, notre coeur peut se gonfler de joie, de bonheur, à cause de Dieu, de la même façon que notre coeur peut pleurer d’une peine immense, à cause de Dieu. Mais comment cela peut-il se faire que Dieu se réjouisse de nous? Nous pouvons nous laisser saisir par le Christ, nous laisser aimer par Lui... Et là, nous ne posons pas de question, car nous savons qu’Il nous aime. Il nous aime, Il nous l’a prouvé sur la Croix, Il nous le prouve tous les jours. Mais comment Dieu peut-Il exulter de joie à cause de nous?

Dieu nous aime, et quand nous L’aimons, quand nous nous laissons aimer, Dieu exulte de joie! Dieu exulte de joie car l’Amour, pour être heureux, a besoin de la réponse d’amour de l’être aimé. C’est incompréhensible, mais c’est comme çà. Çà nous dépasse infiniment, et pourtant Dieu se réjouit quand ses créatures se tournent vers Lui pour L’aimer, pour répondre à son Amour, pour L’adorer et Le contempler. Dieu se réjouit car son Oeuvre se construit, car le Corps du Fils se réalise selon la perfection qu’Il a prévue de toute éternité.

Dieu se réjouit quand son Oeuvre se construit, quand le Corps du Fils Unique, dont nous sommes membres, quand le Corps du Fils Unique va vers sa plénitude à cause de nous. A cause de nous parce que Dieu nous aime, parce que Dieu a besoin de nous, à la place qu’Il destine à chacun de nous dans son Oeuvre. Parce que Dieu a besoin de notre voix dans le concert éternel de sa Magnificence, de sa Miséricorde, de sa Gloire.

Dieu a besoin de nous parce que c’est ainsi, c’est dans le désir infini de Dieu. De toute éternité Dieu a pensé chacun de nous, Dieu nous a aimés, Dieu nous a  voulus. Pour son bonheur de Créateur, son bonheur d’artisan divin. Pour notre bonheur aussi, car le bonheur né de l’Amour ne peut être bonheur que s’il se donne et que s’il se partage. Alors, pour que Dieu exulte, soyons dans sa joie, soyons dans son amour, vivons de ses béatitudes... soyons sa joie.