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Troisième partieContemplons l’Amour qui aime
Chapitre 10
De la Trinité sainte
au Corps mystique du Christ
Comment connaître la Trinité alors que nous ne connaissons
même pas le Père? Comment imaginer l’Esprit qui est inimaginable? Comme l’apôtre
Philippe, nous pourrions avoir envie de dire à Jésus:
Qui voit Jésus, voit le Père! Et Jésus regarde le Père, et le Père regarde le Verbe, son Verbe, son Fils, son Unique, et le Père, regardant son Fils, se voit comme dans un miroir. Un jour, le Père a dit à Saint Bernard et à d’autres saints: “Mon Fils et Moi, nous sommes UN.” Le Père regarde le Fils, L’aime infiniment, et se complaît en Lui. Le Fils regarde le Père, et L’aime infiniment, de toute éternité. Et le Fils dit éternellement, dans un acte d’Amour éternel et puissant, infiniment donné: “Père, que ta volonté soit faite.” Le Père aime le Fils et ce que le Fils fait. Le Fils aime le Père et tout ce que sa volonté aimante veut. L’Amour du Père pour le Fils et du Fils pour le Père les enveloppe tous deux dans un immense souffle éternel d’Amour, un Esprit d’Amour infini, l’Amour que l’amour du Père et du Fils a personnifié. Le Père, le Fils et leur Amour: l’Esprit Saint. C’est une petite et bien faible idée que nous pouvons nous faire de la Trinité. Et cela reste bien abstrait, et il nous faut faire un immense effort pour essayer de nous représenter ce qui, justement, ne peut pas être représenté. Le Père parle une éternelle Parole, son Verbe. De leur mutuel embrassement, de leur amoureuse étreinte éternelle jaillit l’Esprit. Un seul Dieu et Père, un seul Dieu mais trois personnes égales, identiques, une seule essence, une même substance... Peut-être, mais nous? Mais le Corps mystique? Que sommes-nous, pour, et dans, la Sainte Trinité? Car, nous le savons bien, Dieu veut, de toute éternité, s’unir la création et particulièrement l’humanité créée à son image et ressemblance. Or Jésus, le Fils Unique, le Verbe fait chair, la seconde Personne de la Sainte Trinité, Jésus est la tête du Corps mystique, l’Église, dont nous sommes les membres. Mais dans tout corps il y a un Cœur, et le Cœur du Corps Mystique c’est le Cœur du Verbe de Dieu. Le Coeur du Verbe, c’est le Cœur du Père puisque le Père et le Fils, son Verbe, ne sont qu’UN. Le Cœur de Jésus, Cœur du Corps mystique né de la Croix, c’est aussi l’Amour infini de Jésus pour les hommes. Le Cœur de Jésus, mort sur la Croix et ressuscité glorieux, donc Cœur du Corps mystique, rejoint le Cœur du Père dans un ineffable courant d’Amour qui embrase le Corps tout entier de ses flammes brûlantes. Oh! Jésus, comment ne serions-nous pas complètement dépassés?... Mais Jésus vient encore nous dire, à chacun d’entre nous, au fond de notre cœur: “Viens! Laisse-Moi faire! Viens avec Moi! Contemple simplement, et adore!” Et l’Esprit-Saint murmure à notre oreille le Cantique de l’Amour. Oui, nous ne pouvons que contempler et adorer Dieu trois fois saint, et chanter ses grandeurs, et louer son amour.... Nous avons pris l’Esprit au mot, et nous avons aimé Jésus, et nous avons loué la Sainte Trinité, et nous pouvons chanter, contemplant ces mystères infinis, le Cantique de l’Amour... l’Hymne à la Trinité Bienheureuse. Hymne à la Trinité bienheureuse Mon Dieu, je Vous adore. Je Vous adore et je Vous aime, Trinité sainte, Trinité bienheureuse d’Amour.
Je Vous aime, ô Trinité
sainte,
Oui, nous avons aimé Jésus et
nous L’aimons toujours.
Oui nous avons aimé Jésus,
Jésus le Bon Berger,
Ô Trinité très sainte, nous
Vous contemplons,
Père, laissez-nous aimer
Jésus, votre Fils, votre Unique.
Vous nous avez tant aimés, ô
Père, dans votre éternité, Voilà qui est étrange! Notre cœur est changé... Vous savez tout de nous, ô Père bien-aimé, mais laissez-nous Vous dire les secrets qui maintenant habitent le cœur de vos enfants. Laissez chacun de nous, Père aimé, Vous redire le secret que Vous connaissez bien: nous sommes amoureux, Seigneur, et amoureux de Vous. Nous sommes amoureux du Verbe, votre Fils bien-aimé, votre Unique. Oui, nous sommes amoureux du Verbe, votre Fils, mais c’est bien votre faute. Vous êtes Trinité, ô Dieu, et Trinité d’Amour. Votre Esprit est Amour, et Il est notre Souffle, et Il est notre Vie. Et nous avons pris au mot les secrets qu’Il nous murmurait.
Vous êtes Trinité, ô Dieu, et
Trinité d’Amour!
Votre Esprit a soufflé sur
nos coeurs
Vous preniez un grand risque,
ô Seigneur, L’humilité de Dieu Dieu est QUELQU’UN. Nos méditations précédentes nous l’ont déjà prouvé, mais Dieu a fait plus que de nous dire qu’Il était QUELQU’UN et QUELQU’UN qui nous aimait. Dieu sachant que, sur la terre, nous ne pouvions ni Le voir, ni L’entendre, Dieu voulant nous redire encore et encore qu’Il était bien QUELQU’UN de vivant, QUELQU’UN qui nous aimait, Dieu s’est révélé à nous, mais sans nous effaroucher par sa grandeur et sa puissance infinies. Et pour cela Dieu s’est fait humble. Dieu nous a laissé son portrait, mais un portrait un peu flou... Dieu nous a fait comprendre qu’Il était Trine, Un et Trois à la fois, mais sans vouloir nous éblouir. Dieu nous a révélé qu’Il était UN, un seul Dieu en trois personnes, trois personnes égales, de même nature et de même substance, s’aimant infiniment d’un même amour, l’Amour. Le Père aime son Fils qu’Il engendre, son Fils, son Unique. Et le Fils, Parole du Père, aime le Père, depuis toute éternité. De cet Amour, éternellement jaillit l’Esprit, Spirale infinie de l’Amour éternel du Père et du Fils, de l’Amour Créateur et bienheureux pour donner du bonheur et de l’Amour! Tout vient de Dieu. Tout, absolument tout. Rien ne peut se faire sans Lui, sans que sa volonté le veuille. Dieu est le Tout Puissant, le Très Grand, le Seul qui sache... Et pourtant, un jour de notre temps, le Fils, Verbe de Dieu, nous révéla qu’Il était “doux et humble de Cœur”. Dieu est le grand Humble? Quel mystère! Que peut signifier cette expression? L’humilité de Dieu! Quel mystère! Comment Dieu, la Trinité Sainte et bienheureuse, Dieu Maître du monde, ou plutôt Maître des mondes et des univers, Créateur du Ciel et de la Terre, et de tout le cosmos, Dieu Créateur des puissances célestes, et Créateur des hommes, Dieu éternel, Dieu fort, Dieu puissant, Dieu plus grand que tout, Dieu parfait, comment Dieu peut-il être humble? Évidemment, si nous nous plaçons à notre échelle, dans le monde qui est le nôtre, essayant d’exprimer l’humilité de Dieu avec nos mots humains, évidemment, c’est impossible: jamais nous ne pourrons dire que Dieu est humble: c’est bien trop grand pour nous. Mais si nous contemplons le Sacré-Coeur de Jésus, si nous contemplons Jésus, Verbe de Dieu engendré par le Père de toute éternité, si nous pensons que le Père aime le Fils d’un Amour tel qu’il fait jaillir l’Esprit qui donne vie, alors des choses se précisent. Dieu-Amour a créé l’univers par Amour pour des créatures qui seraient intelligentes et libres, et capables d’aimer. A chacune de ses créatures libres capables d’aimer, à chacune de ses créatures uniques car façonnées avec Amour pour une vocation spéciale, à chacune de ses créatures sensibles, intelligentes et libres que sont les êtres humains, ses enfants, Dieu dit: “Aime-Moi! Je t’ai créée par Amour, Je t’aime, aime-Moi!” C’est comme si Dieu, puissant, parfait, pouvant se satisfaire pleinement en Lui-même, implorait cependant l’amour de l’homme. Et comme tout amour qui se penche vers un autre amour est toujours humble, on peut dire que Dieu qui est l’Amour, qui est tout amour et seulement Amour, on peut dire que Dieu est humble. Mais il y a plus! Pour des raisons difficiles à comprendre, l’homme répondit mal à l’appel de Dieu et à son Amour. Parfois même il répondit très mal ou refusa. C’est encore plus difficile à comprendre, mais c’est comme ça. Et celui qui refuse Dieu, quel qu’il soit, est toujours très malheureux. Mais Dieu vit la détresse de l’homme et eut pitié de Lui. – C’est vrai, devait penser Dieu, Je suis un peu trop grand pour ces tout petits êtres. Je suis aussi trop loin; et ils ne peuvent pas Me voir. Or J’ai mis dans leur coeur une puissance d’aimer qu’ils ne peuvent développer que si leurs sens, ces fenêtres de leur âme, sont informés, connaissent et surtout... voient et sentent. C’est vrai, dit Dieu, il faut que Je Me rapproche d’eux... Alors Dieu le Père nous envoya son Fils. Le Fils aurait pu venir à nous avec des fracas de tonnerre, avec des signes majestueux dans le ciel, avec des prodiges insignes. Mais ça aurait encore été raté: l’homme est tellement petit et tellement faible qu’il aurait eu peur. Il aurait tremblé, il se serait caché, il aurait cherché à s’enfuir, il n’aurait pas aimé... Soudain, Dieu qui avait fait l’homme à son image et à sa ressemblance eut une idée. Il envoya son Fils qui se fit l’un de nous. Dieu se fit à notre image et ressemblance. Et voilà le prodige: Dieu se fit homme à notre taille, avec un corps comme le nôtre, avec une âme comme la nôtre, et une sensibilité comme la nôtre. Pour ne pas effaroucher ses petits, Dieu l’Immense, l’Infini, le Puissant, le Fort, le Merveilleux, pour ne pas nous faire peur, Dieu se fit l’un de nous en prenant notre humanité. Ainsi nous n’aurions plus peur. Ainsi nous pourrions L’aimer comme Il le désirait. Et le Verbe se fit chair! Dieu le Père, de toute éternité, se complaît dans le Fils. Quand le Fils se fut fait chair, le Père continua à se complaire en Jésus, son Fils incarné, toujours le Bien-aimé. Et Jésus se complait en nous puisque le Père se complait en Lui! C’est le Père qui nous l’a dit, c’est écrit dans la Bible, la parole de Dieu. Dieu! que ton Coeur est grand! Et amoureux de nous. Nous le savons si mal. Comble de l’Amour! Mais comble aussi de l’humilité! Nous nous sentons encore plus petits devant un tel Amour, un Amour si extraordinaire, et que nous ne méritions pas. Dieu plein d’Amour et de Miséricorde, Dieu plein d’humilité, notre coeur fond devant Vous. Désormais, contemplant l’humilité de Dieu, nous, hommes sensibles et faibles, hommes aveugles désirant voir, hommes sourds mais désirant entendre, à Dieu très bon et très proche, à Dieu plein d’Amour, de tendresse et de sollicitude, à Vous Seigneur, parce que vous êtes très humble, nous pouvons dire, de toute la force de notre être: “Mon Dieu, je Vous aime!” Et, Vous ayant adoré, chanter le cantique de l’amour...
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