

Alain de Solminihac
(1593-1651)-Béatifié le 4 octobre 1981
(suite)
* * *
Alain de Solminihac, évêque de Cahors, était resté abbé de Chancelade. Il
assumait ainsi deux lourdes charges: réformer un diocèse tout en maintenant
vivante la réforme de l’abbaye.
À Chancelade, les vocations étaient nombreuses et l’avenir semblait assuré. Mais
des mesures de rétorsion du Cardinal de La Rochefoucault empêchèrent Chancelade
d’exporter ses chanoines dans les abbayes désireuses d’adopter la réforme de
Chancelade. La surpopulation engendra des tensions qui dégénérèrent en révoltes.
On se battit... il y eut des blessés!... Il y eut des procès. On faisait appel
au pape, mais on n’acceptait pas ses juges.
Monsieur Vincent soutenait Mgr de Cahors. Finalement, Alain fonda, le 9 juin
1647, un prieuré de 12 chanoines réguliers dans sa ville épiscopale, sous le
titre et invocation de la Nativité de la Sainte Vierge, Mère de Dieu, pour
enseigner et instruire le peuple en la doctrine chrétienne et en langue
vulgaire. Le prieuré Notre-Dame devint, dans le Quercy, un des principaux
centres de vie religieuse et un foyer d’apostolat; rapidement ce fut une
pépinière d’officiers, ou de secrétaires d’évêché, de missionnaires et de
prédicateurs, de vicaires généraux et de futurs abbés.
La réforme du diocèse de Cahors fut marquée, elle aussi par de nombreuses
croix :
De nombreuses croix touchèrent personnellement Mgr Alain, dont de très graves
vomissements de sang. En 1651, on crut Alain perdu... Mais il sut surmonter ces
épreuves, car, disait-il: “Dans les choses qui dépendent absolument de la
volonté de Dieu, il n’y a aucune peine à se soumettre, même si l’eau emportait
tout le château.” Ou encore: “Prendre la mitre, c’est se résoudre à
abréger ses jours... Il ne faut pas être évêque si on veut se conserver.”
Enfin, croyant qu’il allait mourir, Mgr Alain demandait à mourir pauvre :
“L’épiscopat ne me dispense pas de la pauvreté, je veux mourir pauvre. J’espère
qu’un de mes amis me donnera un linceul.” Déjà on cherchait un successeur à
Mgr Alain. Nous sommes en 1652. Mais peu à peu Mgr Alain reprenait son rythme
normal d’activité. Il écrivait en 1654: “Dieu me donne une parfaite santé et
des forces comme à l’âge de vingt ans, avec un grand désir de faire ma charge.”
À Monsieur Vincent, peu de temps après ses vomissements, il écrivait: “Je
vous assure que je crois que je vivrai plus d’un siècle. Je suis dans la
cinquante-huitième année, et vous puis assurer avec vérité que je n’ai jamais eu
plus de santé qu’à présent: hors de cet accident, plus de force et de vigueur
pour travailler et souffrir toute sorte de travail et de fatigue.” Monsieur
Vincent, prudemment, réduisit ce siècle de vie à un demi-siècle... qui,
lui-même, se réduisit à 5 ans !
Les épreuves auxquelles fut soumis le diocèse de Cahors furent très nombreuses
sous l’épiscopat de Mgr de Solminihac : soubresauts de la Fronde, famines, peste
bubonique, intrigues de toutes sortes.
1649-1653. La France était déchirée par la Fronde qui n’épargnait pas les
provinces. Alain de Solminhiac resta fidèle à son Roi. Le Prince de Condé, entré
en dissidence, cherchait à rallier Mgr de Solminihac à sa cause: en vain. Même
il agit autant qu’il le put pour maintenir la région du Quercy dans l’obédience
royale.
Les habitants des campagnes furent les grandes victimes de ces troubles, surtout
le Bas-Quercy dévasté et pillé par les armées. L’insécurité régnait. Mgr Alain
dut interrompre ses visites pastorales par crainte d’être capturé...
Bientôt un autre fléau allait ravager la province: la peste qui avait atteint
Cahors dès octobre 1652. Mgr Alain mobilisa l’administration pour qu’elle mette
en place d’importantes mesures sanitaires et prophylactiques. Mais la peste est
un fléau qu’il faut prévenir par les seuls et vrais remèdes: le jeûne, les
processions, les prières, la pénitence et la conversion des mœurs. Mgr Alain, de
son côté, ne ménageait point sa peine auprès des malades et des mourants :
“J’ai résolu, écrivit-il à Monsieur Vincent, de m’exposer et de donner de
bon cœur ma vie pour le service de mon peuple, si Dieu veut le châtier de ce
fléau qu’on croit inévitable.” Il incita également tous ses curés à
“s’exposer pour le service de leurs paroissiens.” Véritable miracle: la
ville de Cahors, fut préservée de la peste “par une spéciale faveur et grâce
de Dieu.” Malheureusement il n’en fut pas ainsi partout dans la province du
Quercy, et les visites pastorales de Mgr Alain, pendant ces funestes périodes,
fut de secourir les pestiférés dans les régions dévastées.
Nous sommes en 1651. La réforme entreprise par l’évêque de Cahors, ainsi que sa
sainteté, dérangeaient et lésaient des intérêts: les mécontents furent nombreux.
Au sein de son clergé, un syndicat d’opposants se constitua. Conduit par le Curé
de Caussade, Jean Lacombe, ce syndicat mena une véritable guerre d’usure contre
Mgr Alain. Tous les moyens seront bons pour salir, voire détruire l’évêque de
Cahors: pamphlets, procès, calomnies, etc. Ces prêtres qui, heureusement, furent
peu suivis, s’en prirent même à la vie intime d’Alain, et à son esprit de
pénitence... En fait, prêtres gallicans, attachés à leurs anciennes façons de
vivre, ils ne supportaient pas les appels incessants de leurs évêques, pour
qu’ils se convertissent. Mais ce qui les mécontentait le plus, c’est l’existence
du séminaire!
Les choses allèrent très loin, mais, en dépit des attaques de plus en plus
personnelles et odieuses, Mgr Alain, malgré son fort tempérament, sut demeurer
patient et serein, et tenir le gouvernail, sans faiblir.
“Ces choses sont difficiles à supporter, avoua un de ses amis, l’évêque
de Condom, mais, qui a la patience comme Monseigneur la possède, il lui est
plus avantageux de souffrir l’accès de leurs malices que s’ils étaient plus
modérés en l’offensant.” Et Alain de répondre : ”J’oserais bien vous
assurer avec vérité que tout ce que ces personnes disent de moi et de ma façon
d’agir, enfin tout ce qui touche la personne et l’honneur, je le reçois comme
une grâce particulière de Dieu. Je l’en remercie de tout mon cœur et le supplie
de leur vouloir pardonner... Ô Monseigneur, que ce sont de précieuses grâces que
celles-là, qu’il faut recevoir avec respect et adoration !”
Monseigneur Alain confia un jour “que les calomnies les plus grandes ne lui
font pas plus d’impression qu’un fétu de paille qui tomberait sur son camail.”
Et à un de ses prêtres blessé par la médisance, il conseilla : “Faites
bien et laissez dire. La médisance ne nuit pas à ceux qui n’y donnent pas motif,
car tôt ou tard, la vérité est reconnue.”
L’autorité de Mgr Alain sortit renforcée de cette grande épreuve. Peu à peu la
coalition s’effritait et mourait. L’évêque avait pardonné au meneur, Jean
Lacombe, et, à son propos, il affirmait : “Il y a longtemps que je regarde
cette personne-là d’une façon qu’on ne sait pas, et il peut se louer qu’il y a
peu de personnes qui soient plus dans mes prières que lui.”
4
Les dernières années
(1657-1659)
Un jubilé fut accordé en 1656 par le pape Alexandre VII. Malgré sa fatigue, Mgr Alain voulut en faire profiter
toutes ses paroisses. Afin de se trouver partout
où ce jubilé serait proclamé, il l’étala sur 22 mois et constitua une équipe de
seize prêtres dont il était parfaitement sûr sur le plan doctrinal. Les
résultats, spectaculaires, furent à la mesure des efforts fournis par l’évêque
et ses prêtres. Les nombreux confessionnaux étaient assiégés, et les conversions
furent très nombreuses. Le jubilé fut aussi un facteur de paix sociale: beaucoup
d’inimitiés s’apaisèrent et il y eut des réconciliations spectaculaires. Il faut
dire que l’évêque payait de sa personne, célébrait lui-même la messe dans les
villages où il ouvrait le jubilé. Vraiment Mgr de Cahors semblait infatigable...
Mais Dieu l’attendait, et ce jubilé sera pour lui comme un adieu.
Été 1659... Mgr Alain entama une étude sur les épîtres de Saint Paul.[1]
À l’automne il voulut reprendre ses visites pastorales: “Je vais faire une
visite dans mon diocèse, en suite de quoi je mourrai,” confia-t-il un jour
d’août. Il paraissait sans force, mais restait fidèle à sa charge et à ses
austérités : “Les deux plus grandes consolations qu’on puisse avoir dans
cette vie, disait-il, c’est sa brièveté et de mourir religieusement après
avoir usé son corps et ses forces et puissances au service de Dieu.” Sa
dernière visite pastorale fut à Alvignac, le 26 septembre 1659.
Mgr Alain accepta l’épreuve de sa retraite et de ses souffrances : “La mort,
il nous la faut embrasser amoureusement, non comme causée par le cours des
causes naturelles, mais comme causée par le bon plaisir de Dieu.” Chaque
jour il avait la volonté de célébrer la messe. Le 8 décembre, il monta à l’autel
pour la dernière fois. Les quatre ou cinq jours qui précédèrent sa mort, on
célébra la messe dans sa chambre. Le 30 décembre 1659, à 22 heures, l’homme de
chambre qui le veillait vint avertir le secrétaire, lequel vint au chevet du
malade pour lui annoncer son départ prochain: “Je le sais bien, répondit
Mgr Alain, tenez-vous prêt demain à quatre heures pour célébrer la messe et
me confesser.” Puis il se fit couvrir la tête d’un linceul et invoqua
distinctement les trois personnes divines: “Sainte Trinité, je vous
recommande mon âme. Sainte Trinité ayez pitié de mon âme. Sainte Trinité, je
vous donne mon âme.“ Et se tournant vers son homme de chambre, il précisa:
“Je mourrai demain sur le midi.”
Le lendemain matin, 31 décembre, vers 10 heures, Mgr Alain sortit de son oraison
et annonça: “À midi, je serai consommé.” À tous ceux qui l’approchaient
il murmurait: “J’achève mon sacrifice.”
Le curé de Mercuès lut à haute voix la Passion selon saint Jean. L’horloge du
château sonna les douze coups de midi. Alain venait de mourir. Il avait 58 ans.
5
Portrait d’Alain de Solminihac,
L’humilité
La “vocation” d’Alain de Solminihac est surprenante. Il ne devint abbé de
Chancelade que pour des raisons de convenance familiale, et rien dans son
éducation mondaine ne l’avait préparé à une telle tâche. Mais une fois la charge
acceptée, il manifesta une étonnante humilité qui fut véritablement le fondement
de son édifice spirituel. Il avait fait les exercices spirituels d’Ignace de
Loyola, et il s’abandonna rapidement à la volonté de Dieu. Il disait
fréquemment: ”Pour profiter dans l’humilité, il faut toujours se tenir uni à
Dieu et se consacrer totalement à son bon plaisir.” Il affirmait que cette
“vertu est celle qui demande le plus de courage, car sa beauté est tout à
fait cachée et inconnue, et elle ne paraît que laide et difforme à nos yeux.”
L’abbé de Chancelade était assujetti au règlement commun, mais il jouissait
d’une singulière réputation d’austérité, conquise avec prudence et persévérance.
Ses austérités, il les considérait comme inhérentes à sa vocation de religieux
et d’abbé, qui doit se faire tout à tous, être toujours d’égale humeur, et être
au service de tous.
Il expliquait : “Le religieux doit travailler son corps comme une chose toute
consacrée à Dieu, non comme sien, mais le considérer comme une autre créature de
Dieu et se servir de ce motif, lorsqu’il lui accorde quelques choses selon sa
nécessité, comme si on le faisait par charité à une autre créature de Dieu.”
Car c’est toujours Dieu qui doit être servi, et le mieux servi. On a dit
qu’avant d’aller à matines, il s’offrait à Dieu dans un acte d’adoration, puis
se prosternait à genoux en s’humiliant devant l’incompréhensible majesté de
Dieu.
Le but d’Alain: s’anéantir à la gloire de Dieu, se concrétisa par le vœu ”de
chercher et soigner toujours la plus grande gloire de Dieu, dans la pratique des
choses et affaires qui sembleront de quelque importance.”
La pauvreté
Alain aimait beaucoup la pauvreté des religieux : “Pour être toujours pauvres
et contents de ce qu’on nous donne en religion, disait-il à ses chanoines,
soit pour les habits, soit pour les vivres et autres choses, il le faut recevoir
comme une aumône.” Même son abbaye, qu’il n’avait pas convoitée mais reçue,
Alain estimait qu’il ne la possédait pas davantage que ses chanoines. Il
n’hésitait pas à balayer lui-même sa chambre, et un jour, il déclara: “Un
supérieur doit être supérieur au chapître et pour se faire obéir. Mais en ce qui
regarde le vivre, le vêtement ou le couvert, s’il n’a moins que les autres, tout
au plus il ne devrait pas avoir davantage.”
La ponctualité et l’obéissance
C’est Alain qui avait élaboré la Règle de son abbaye. Mais il estimait que la
Règle est supérieure au supérieur. C’est ainsi qu’il estimait devoir donner
l’exemple: “Une des premières choses qu’un supérieur doit avoir, c’est d’être
prêt de mourir plutôt mille fois que de permettre que la régularité ne se garde.
Et il n’hésitait pas à conseiller: “La douceur que l’on recommande à un
supérieur ne consiste pas à être indulgent et à permettre des choses contre le
règlement et les constitutions.”
Le premier exemple à donner dans l’observance de la Règle est la ponctualité.
Alain était un modèle, allant jusqu’à interrompre ses discours, pendant la
récréation, dès que la cloche sonnait. L’obéissance d’Alain, abbé de santé très
fragile, se manifestait surtout envers ses médecins, ce qui n’était pas peu
méritoire dès lors qu’on connaît les pauvres compétences des médecins de
l’époque, et la nature de leurs remèdes. Cependant, quoiqu’il ait dû presque
toute sa vie se faire violence pour dominer un caractère violent et difficile,
et, malgré sa fermeté, il se montrait très bon avec ses chanoines,: “Bonté et
fermeté sont mes deux pieds,” aimait-il à redire.
La prudence
On a dit de l’Abbé de Chancelade qu’il avait le charisme de lire dans les âmes.
Mais il se méfiait de ce don et s’efforçait, prudemment, de se laisser conduire
plus par l’Esprit de Dieu que par le sien propre. Dans l’art de gouverner,
“c’est le bon jugement qui fait le bon supérieur.” disait-il. “Souvent il
faut presque autant de différentes conduites qu’il y a de différents sujets.”
La charité
Alain sut mettre ses dons au service, non seulement de ses moines, mais
également de ses contemporains. Il fut d’abord le professeur de ses novices:
cours de dogme, de morale, de liturgie. Comme Monsieur Vincent, dont il était
l’ami, son enseignement était avant tout pastoral et pratique. Très vite il
comprit la nécessité, pour un prêtre d’être suffisamment instruit, sans
toutefois, séparer l’amour du savoir de l’esprit d’oraison.
Abbé de Chancelade, Alain se montra administrateur prudent et avisé, soucieux
d’éviter chez ses moines, tout murmure et toute tentation de jalousie. Alain
avait l’angoisse de la charité dans un pays touché par la famine.[2] Aussi
l’abbé de Chancelade imagina-t-il un système de distribution alimentaire: il
secourait environ 800 personnes par jour, et incitait, avec succès, la classe
aisée à écouter les pauvres. En 1631, ce fut la peste, et la charité d’Alain se
manifesta de nouveau, allant jusqu’à assister [3] 100
personnes par jour.
À la demande de l’éminence grise de Richelieu, Alain fut amené à visiter l’Ordre
des Calvairiennes, dont le Père Joseph lui-même avait encouragé la fondation et
rédigé les constitutions. L’abbé de Chancelade semblait, en effet, le visiteur
idéal pour porter les âmes à la perfection de l’amour envers Dieu. Comme le Père
Joseph, le Cardinal de La Rochefoucault apprécia la valeur d’Alain, lui accorda
sa confiance et le recommanda au Cardinal de Richelieu pour visiter, voire
réformer les chanoines réguliers de Saint Augustin dans les diocèses de
Périgueux, Angoulême, Saintes, Limoges et Maillezais. Le travail à mettre en
œuvre était énorme, la plupart des abbayes n’étant plus que ruines tant
matérielles que spirituelles, suite aux nombreuses guerres civiles subies par la
région.
Alain de Solminihac avait un tempérament de feu: l’homme pouvait donc se montrer
particulièrement irritable. Mais c’est surtout au service de l’Église qu’Alain
sut mettre son naturel passionné et trop actif. Rien ne l’arrêtait quand il
s’agissait de l’honneur et de la gloire de Dieu. Assoiffé de connaissances il
était devenu un véritable spécialiste de l’Écriture sainte qu’il pouvait lire en
grec, puis en hébreu. Et en raison même de sa sûreté doctrinale, il sut
gouverner avec une grande prudence et beaucoup d’humilité. Il sut s’entourer de
gens sages et d’expérience, suivant les recommandations de Monsieur Vincent :
“Un évêque se doit faire aimer de tous, disait-il, prendre conseil de peu
et se laisser conduire par Dieu seul.”
On a accusé Mgr de Solminihac d’avoir plaidé trop souvent. Quand l’honneur de
Dieu et de l’Église était en jeu, Mgr Alain, jaloux de leurs intérêts,
n’hésitait pas à intenter des procès. Mr Vincent le lui reprocha plusieurs fois.
Mais jamais Mgr Alain n’intenta de procès en sa faveur.
Alain était naturellement sévère, aussi son diocèse fut-il mené d’une main de
fer. Mais sous sa férule, son clergé s’améliora rapidement. Il savait,
généralement, faire suivre une réprimande d’un acte de douceur. À la fin de sa
vie, Alain s’expliqua: “Le jugement qu’on a fait de moi, me présentant comme
un homme violent, est déraisonnable: mon inclination est de conduire par amour,
mais pourtant avec fermeté contre les esprits rebelles. On se trompe encore de
dire que j’ai changé, ce n’est pas moi qui ai changé, mais bien ceux que j’ai
traités autrefois avec rigueur.”
L’évêque des pauvres
Devenu évêque, Alain de Solminhiac ne changea pas ses habitudes. Pendant les
périodes de famine, il consolait, caressait, enseignait les troupes d’affamés
qui se précipitaient vers lui. Puis, à ces miséreux qu’il venait d’instruire,
Mgr Alain faisait de larges aumônes, prises sur ses propres revenus. En 1653,
rapporte Christian Dumoulin, il donnait quotidiennement deux quintaux de pain
pour nourrir les pauvres de Cahors. Sa générosité était constamment à l’affût
des besoins. Ces générosités épuisant ses revenus, Mgr Alain se sépara d’une
partie de ses domestiques, vendit son carrosse et ses chevaux d’écurie non
indispensables: “Voilà comment nous en avons usé et comme nous en userons
toujours, si on ne nous fait connaître quelque chose de mieux. Il n’y a point
d’évêché qui soit plus entièrement aux pauvres que le nôtre, pour lequel nous
avons retranché jusqu’au nécessaire.”
Les œuvres de charité de Mgr Alain.
La Fronde et la peste avaient fait de la misère un véritable problème social. Le
1er novembre 1652, Mgr
Alain fonda, pour les “pauvres malades” l’Hôtel-Dieu,
dédié à Notre-Dame.
Après les malades, il voulut venir en aide aux orphelines en instituant, le 20
juillet 1654, La Maison de la Providence des filles orphelines de
Saint-Joseph. Cette institution s’adressait aux filles âgées de six à douze
ans.
Quatre ans plus tard, en 1658, les orphelins eurent aussi leur “hôpital”. Mgr
Alain avait, en effet, la hantise du salut des jeunes orphelins et voulait, à
tous prix, ”empêcher les offenses qui se commettent contre la divine
Majesté.”
Mgr Alain écrivait :
“La nature de l’homme étant inclinée au mal dès ses premières années, cette
malheureuse inclination se trouve encore fortifiée dans les pauvres qui, dès
leur bas âge, sont abandonnés de leurs parents. Comme ils ont une entière
liberté, rien ne les empêche de courir vers le mal où ils se trouvent portés, et
les mauvaises habitudes prennent aisément racine dans un âge tendre, elles vont
croissant en eux avec les années, et les accompagnent jusqu’à la mort; ne
recevant aucune instruction de ce qu’ils doivent savoir pour leur salut, et
n’étant appliqués à aucune occupation qui les puisse retirer de la gueuserie et
de l’oisiveté, ils vivent dans une extrême ignorance et dans une étrange
fainéantise, qui étant source féconde de tous les vices, donnent secours à la
corruption pour exécuter ses perverses inclinations; c’est ce qui fait que leur
vie est une vie remplie de péchés; et que d’ordinaire, ils meurent comme ils ont
vécu.
La connaissance que nous avons de tous ces maux qui proviennent de
l’abandonnement où se trouvent les pauvres orphelins, et l’obligation où nous
sommes de mettre autant que nous pouvons nos diocésains dans les voies du salut,
et d’empêcher les offenses qui se commettent contre la divine Majesté, nous ont
donné, il y a longtemps, le désir de pourvoir à ces déplorables nécessités.”
On croit rêver tant ce texte est d’une brûlante actualité. Mgr Alain n’aurait-il
pas écrit aussi pour le début du XXIe siècle où les enfants, même
ceux qui ne sont ni pauvres, ni orphelins, sont cependant complètement délaissés
et livrés à eux-mêmes.
Mgr Alain fut l’apôtre de la charité dans son siècle de misère. On ne peut nier
qu’il fut un digne disciple, et parfois aussi un conseiller de Monsieur Vincent,
qui louait son “incomparable bonté.”
Mgr Alain avait une haute conception de l’épiscopat et de ses devoirs. Il
estimait qu’un siège diocésain ne
devait être, ni un fief de famille, ni soumis
aux ordres de la politique contre laquelle il n’hésitait pas à s’insurger:
“Je ne puis pas concevoir comment il est possible qu’on pense à donner des
évêchés à des personnes de cette sorte, et un évêché de telle importance que
celui de Périgueux.”
En 1648, l’évêque de Rodez meurt, laissant son évêché dans un état pitoyable.
Mgr Alain implore Mr Vincent d’y faire nommer un homme capable: “Je vous
supplie, au nom de Dieu, d’apporter tout le soin qu’il vous sera possible, afin
que ce diocèse soit pourvu d’un pasteur tel que l’état auquel il est réduit le
requiert. Il n’est seulement nécessaire que ce soit une personne apostolique,
mais encore qu’il soit doué d’une grande force d’esprit et d’un grand cœur.
Serait-il possible que la reine[4],
par quelque considération d’état, voulut mettre là une personne qui n’eût pas
les qualités requises pour réformer ce diocèse? Je ne puis le croire de cette
bonne princesse, et en aurait grande douleur si cela arrivait.”
Mr Vincent est attentif aux avis de son ami, ferme et claivoyant, mais il se
heurte parfois à des conflits d’intérêts ou aux choix de Mazarin qui impose ses
candidats. Ainsi, ayant flairé un mauvais choix, -le candidat n’avait pas la
foi-, Alain et Mr Vincent multiplièrent leurs efforts: en vain.
Mgr Alain regrettait aussi l’isolement de l’épiscopat, aussi institua-t-il, en
1649, les Conférences de Mercuès. On y passait en revue les soucis
pastoraux, l’administration diocésaine, les nominations, les visites pastorales,
les prédications, les expositions du Saint Sacrement, et de multiples sujets
divers, dont les synodes diocésains, qui, aux dires d’Alain, sont “l’action
la plus éclatante de l’office épiscopal. L’évêque y paraît dans sa majesté et
autorité.” Cependant, dès la première séance, l’accent était mis sur la
valeur et la nécessité de l’oraison pour un évêque.
Face aux jansénisme
L’œuvre de Mgr alain, c’était le combat de la foi, coûte que coûte. Dans ce
combat, rien ne l’arrêtait, “ni ses avantages personnels
[5], ni la peur
des Grands, ni le froissement de ses amis.” Toute sa vie il mena son combat
dans une entière soumission au pape, en dépit des lourdes influences gallicanes
de l’époque, en France. C’est ainsi que dans le domaine de la liturgie, l’évêque
de Cahors imposait à ses prêtres l’usage du rituel, du bréviaire et du missel
romains, ainsi que le calendrier grégorien.
Voulant mettre en œuvre la réforme tridentine, il ne pouvait tolérer aucune
velléité d’insubordination à l’égard du pape. C’est dans cet état d’esprit qu’il
eut vent de la parution de l’ouvrage de Jansénius: L’Augustinus.
D’emblée, après une lecture attentive, il détecta l’hérésie et se promit de la
combattre. On devine sans peine sa réaction quand il apprit que dans la chaire
de théologie de l’université de Cahors, son diocèse, on enseignait les thèses
jansénistes!...
Alain de Solminihac prétendait que “la force était la pièce maîtresse des
prélats.” C’est la force qui donne aux évêques le courage de résister aux
grands de la terre: “Dieu m’a donné l’esprit de force. Je n’appréhende pas
plus les hautes puissances que des fourmis, quand il s’agit de la gloire de
Dieu.”
Alain de Solminihac, vu de l’extérieur, et malgré sa santé souvent déficiente,
semblait, moralement et
intellectuellement, une force de la nature. D’où
tenait-il ce courage à toute épreuve? Quelques rares confidences échappées
devant des proches collaborateurs, dévoilent les secrets de son âme entièrement
livrée au Roi des rois. Alain fut favorisé, déjà à Chancelade, de faveurs
mystiques “rares et singulières.”
On lui attribue un don de prophétie. On note aussi ses dons de hiérognose: la
détection des objets sacrés. Ainsi, l’évêque de Cahors reconnut des hosties non
consacrées qui avaient été mises dans un ciboire, pour suppléer à un oubli:
“Reprenez votre encensoir, déclara-t-il au prêtre qui tendait l’encensoir,
Jésus-Christ n’est pas là.”
Une religieuse de Toulouse fut témoin d’un phénomène de lévitation, dans le
parloir de Moissac, jusqu’à quatre ou cinq “pans” au-dessus du sol. Alain lui
”défendit de parler de ces choses à qui que ce soit, car, lui dit-il, les
faibles pourraient en conclure quelque chose de bon en moi, tandis que de
pareils faits pourraient se rencontrer même dans les méchants.”
Mystique, l’évêque de Cahors le fut, mais ce qui le guidait, toujours, c’était
la volonté de Dieu : “Quand je ne connais pas la volonté de Dieu, je suis un
poltron, mais dès que je la connais, je suis courageux... Car,
expliquait-il, “les serviteurs de Dieu ont toujours sa volonté devant les
yeux; elle les devance comme une claire lumière, et dès lors qu’ils ne la voient
plus, ils s’arrêtent.”
L’évêque de Cahors conservait un sens aigu de son néant et de sa petitesse. Le
religieux prenait toujours le pas sur l’évêque. Et seule la grandeur de Dieu
commandait ses devoirs d’évêque. Alain de Solminihac se voulait image vivante de
Jésus-Christ, “le très parfait exemplaire de toute sainteté”.
Mgr Alain estimait que l’ascétisme était indispensable à un prélat qui voulait
se vouer tout entier aux fonctions et aux devoirs de sa charge. Il assurait
”qu’un évêque doit porter la mortification de Jésus-Christ dans son corps.”
Fort de ces convictions, Alain, évêque, conserva ses mortifications de
religieux: discipline, régime alimentaire réduit à son minimum, pénitences de
toutes sortes. On a dit que le Roi Louis XIII “s’étonna que M. de Cahors, le
jour de son sacre, ne fit honneur qu’au potage!”
Loin de l’accabler, ses mortifications aidaient Alain à supporter tout le poids
de sa charge. Elles libéraient son âme pour la prière, l’oraison et l’union à
Dieu.
Sa chasteté fut irréprochable: elle rayonnait: “Par la grâce de Dieu,
confia-t-il un jour, depuis que je suis religieux, je n’ai eu aucune pensée
désonnête qui eût duré plus d’un Ave Maria... La chasteté, aimait-il à dire, est
une vertu timide et tremblante. C’est une vertu angélique qui a de puissants
ennemis, et comme elle défie de soi-même, elle surmonte en fuyant.”
L’ascète
Voici quelques-unes de ses résolutions : “Durant le jour, je tâcherai souvent
d’unir ma volonté à celle de mon Dieu... Je tâcherai d’avoir un visage gai et
serein et, surtout à la récréation parmi mes frères, je ne dirai chose qui ne
serve pour une sainte récréation... Je garderai ponctuellement ma Règle; je
relirai ce règlement une fois chaque semaine et, si je trouve que je lui ai
manqué en quelque chose, je m’imposerai quelque pénitence.”
Mgr Alain, évêque, voulait en tout, imiter le Christ. Pour lui, les croix de
chaque jour ”l’identifiaient au sacrifice perpétuel du Christ.” Il
insistait : “Les évêques doivent goûter l’excellence des croix, des
persécutions et des calomnies qui les sanctifient particulièrement... Il ne faut
pas s’étonner si les évêques ont des contradictions puisqu’ils sont établis pour
détruire le vieil homme... Un évêque ne peut être que malheureux, car s’il fait
son devoir comme il faut, il sera contrecarré de tous côtés. Sinon quelle paix
et quel repos de conscience peut-il avoir ?”
Les persécutions attachèrent fermement Mgr Alain à son siège épiscopal.
“Elles sont, disait-il, une des choses les plus désirables du monde. Je
les estime plus que tous les trésors du monde... J’aime mieux les plus noires
calomnies... que toutes les prières qu’on saurait faire pour moi... Je vois tant
de merveilles dans les croix que je n’ai point de parole capable de les
exprimer.”
Les persécutions détruisent l’orgueil: “Nous devons aimer la confusion et
l’abjection, car c’est en cet amour que consiste la crème de l’humilité... Les
croix ont deux effets, elles nous purifient et nous rendent semblables à
Notre-Seigneur... Si le Fils de Dieu n’était pas venu en ce monde, nous ne
saurions pas quel grand trésor sont les croix.”
Les croix, les mortifications n’ont qu’une “fonction purgative et
dispositive” affirmait Mgr Alain. “Elles
préparent l’âme à aller vers
Dieu, vers l’oraison mentale qui a une fonction unitive. C’est là où Dieu nous
fait grand honneur et grande grâce de nous permettre de parler à Lui et de nous
parler.” L’oraison fut la respiration spirituelle, tant de l’abbé de
Chancelade que de l’évêque de Cahors. Elle entretenait son activité et la
conditionnait. Dans sa grande familiarité avec Dieu, Alain recevait les
lumières pour diriger son abbaye ou son diocèse et connaître le cœur de ses
chanoines ou les difficultés de son clergé. “M’ôter l’oraison, ce serait
m’ôter la vie”, ne cessait-il de dire.
Sur le sujet de l’oraison, Alain était intarissable: “Dieu communique dans
l’oraison une force admirable de sorte que l’on parlerait avec liberté à la face
des rois... L’oraison est incomparable. Elle permet de faire un bon usage des
croix, de mieux les goûter, de les apprécier plus parfaitement. Elle fait
connaître l’horreur que Dieu a des péchés.” Alain affirmait aussi : “Je
ne fais aucun état du prêtre qui ne fait pas oraison... Un prêtre ne peut-être
sauvé sans oraison.”
Il en est de même pour les évêques, et peut-être encore davantage: “La vie
d’un évêque doit être une oraison perpétuelle, excepté le temps qu’il doit
donner à l’action par les obligations de sa charge.” Pour honorer son
programme: deux heures d’oraison chaque jour, Mgr Alain dut rogner sur son
sommeil, sur son travail intellectuel... “Mais, avouera-t-il, j’ai
longtemps disputé de savoir si je quitterais l’étude pour m’adonner entièrement
à l’oraison. C’était difficile à cause de ma charge qui demande sans cesse une
grande science; mais enfin, j’ai passé outre. Dans l’oraison on apprend plus, et
pour soi et pour les autres, que dans la lecture des livres, quoiqu’il ne faille
pas mépriser celle-ci.”
Au fur et à mesure que Mgr Alain avançait en âge et en expérience, sa méditation
se faisait de plus en plus longue: il ponctuait sa journée de multiples moments
d’oraison, de telle sorte que sa vie n’était plus qu’une unique et permanente
oraison.
“Si l’oraison unit à Dieu, le Saint Sacrement remplit de Dieu et de ses
grâces... Il est la source de la vie intérieure d’un évêque qui doit imiter la
vie intérieure du Christ, vie de sacrifice, d’anéantissement et de mort.”
Mgr Alain avait des expressions très puissantes. Il disait: “Ce sacrement
déifie ceux qui sont bien disposés. Si une âme est bien épurée, il imprime comme
un sceau ou caractère de la divinité. C’est une béatitude commencée...
L’Eucharistie est comme le soleil qui endurcit la boue et liquéfie la cire.”
Sa foi dans l’Eucharistie était absolue. La chapelle était pour lui son lieu
privilégié. “L’Eucharistie est un sacrement embrasant, disait-il. Je
sens beaucoup de secours à faire mes oraisons devant le Saint Sacrement.”
Fervent mystique, il avoua un jour: “Il serait bien juste que les lampes qui
sont devant le Saint Sacrement brûlassent aux dépens du sang des chrétiens, et
celui des évêques y devrait être employé le premier.”
“Nous avons trois trésors dans l’Église: les tribulations, l’oraison et le
Saint Sacrement; les tribulations désemplissent de la créature et purifient
l’amour-propre. l’oraison nous unit à Dieu, et le Saint Sacrement nous remplit
de Dieu Lui-même.
Mort à lui-même, Alain est tout à Dieu, attendant sa volonté. Sa confiance en
Dieu était illimitée, comparable à
l’abandon d’un petit enfant entre les bras de
sa maman, car, disait-il: ”La confiance est une fille de l’amour qui est
aussi grande que sa mère.” Chez lui, “l’état d’enfance spirituelle
s’alliait avec l’état d’offrande, la mystique d’union avec la mystique de
l’anéantissement, et l’anéantissement par une activité sans relâche jusqu’à la
consommation du sacrifice au lit de mort... Il faut, disait-il, monter de
l’indifférence à l’offrande et s’offrir à Dieu en sacrifice perpétuel. Il faut
demeurer dans cet état d’oblation toute sa vie, et il faut pourtant suivre Dieu
là où Il nous appelle. Il faut avoir une grande fidélité à offrir jusqu’aux
moindres choses, quand ce ne serait qu’une œillade... Il faut s’appliquer
amoureusement et avec grand courage et constance au service de Dieu et à ce
qu’il nous fera connaître être de sa volonté.”
Cette vie d’offrande deviendra pour Alain, dans les dernières années de sa vie
un véritable état d’holocauste. Il se détachait de tout, immolait tout ce qu’il
avait et tout ce qu’il était. Cette mort mystique était à la fois violente et
amoureuse, car, disait-il, “elle est causée par les croix et on y accède par
l’oraison. Il se consume comme le sacrifice du soir, celui que les prêtres
faisaient lentement durer toute la nuit. Il aime sa propre destruction,
puisqu’un évêque, à l’imitation du Christ, doit être un anéantissement perpétuel
et dans une disposition d’hostie.”
L’intensité de la vie mystique d’Alain fut probablement une des causes de la
valeur de son épiscopat et de ses fruits, car, selon lui: “il n’y a point de
meilleur moyen pour s’unir à Dieu que dans l’exercice de nos charges... À mesure
que l’on est à sa charge (son devoir), à mesure on est à Dieu.” Et de citer
l’exemple de M. Olier, Fondateur des Sulpiciens qui venait de mourir: “M.
Olier a été tout à sa charge, et comme ce fut la cause de sa sanctification, ce
sera aussi le motif de sa canonisation.”
Alain de Solminihac avait toujours eu une profonde dévotion envers la Très Saint
Vierge Marie. Gentilhomme, il la considérait comme sa Dame et il s’était
mis sous sa protection, car, ”le meilleur moyen d’assurer son salut, c’est
d’être serviteur de cette sainte Dame.” Chanoine augustin, puis évêque, il
récitait, à genoux, tous les jours son chapelet. Marie était pour lui un asile
et un suprême recours. Marie, pour lui, c’était le mystère de la sainteté dans
le mystère de l’humilité. Devant la grandeur de Dieu, la petitesse de la
créature est un appel au plus haut service. “La Vierge a eu plus d’humilité
que tous les autres saints, expliquait-il au retour d’un pèlerinage à
Notre-Dame des Vertus, à Aubervilliers, peu de temps avant son sacre, parce
que, plus sainte que les autres, elle avait une plus parfaite connaissance de
l’excellence de Dieu et par conséquent de son propre néant.”
D’un gentilhomme, faire un abbé réformateur, puis un évêque saint... les voies
du Seigneur sont impénétrables et imprévisibles... Mais elles sont toujours
admirables !
[5] Alain
de SOLMINIHAC, Au service de Dieu et de sa gloire, de Christian
DUMOULIN. Publié chez TÉQUI en 1981.



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