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La prière du soir, telle que la propose J. J. Olier s’appuie sur les points
fondamentaux suivants:
– une invocation au Saint-Esprit ;
– l’adoration de Dieu toute miséricorde ;
– un acte de remerciement pour toutes les grâces reçues :
– un examen de conscience ;
– plusieurs prières susceptibles de nous conduire à une grande espérance.
Jean-Jacques préconise l’examen de conscience, chaque soir, afin de déterminer
si, au cours de la journée, “on a été mort à soi-même, si les passions ont
vécu ou régné en nous, si nous avons été vivement touchés de choses de ce monde
auquel nous devons être morts; et si ensuite, attirés par les choses de la
terre, nous avons opéré pour elles et recherché notre satisfaction en elles.”
Jean-Jacques Olier explique de quelles sortes de mort il s’agit. Il écrit:
“Il y a deux sortes de mort: l’une est la mort de l’âme au péché par la grâce de
Jésus-Christ; l’autre est la mort de la chair à ses désirs malins et déréglés
d’avarice, de superbe, d’impuretés, de paresse, de vanité, d’oisiveté et autres.
La mort de l’âme au péché est mise en nous par la grâce et par l’esprit du
Baptême qui nous ensevelit en la mort de Jésus-Christ.. Mais cependant la chair
ne laisse pas d’être vivante aux choses de la terre... qui l’attirent doucement
et la mettent en des désirs très violents... “
Hélas ! “l’âme s’unit parfois aux mouvements de la chair... et sortant de
l’état de mort au péché, par adhérence à la vie de la chair, elle commence à
perdre la paix et le repos qu’elle possédait auparavant... La pénitence nous
sert maintenant pour réparer cette grande perte, et pour nous ensevelir de
nouveau (en Jésus-Christ) si nous sommes fidèles à sa grâce. Il faut donc être
très soigneux d’étouffer ces mouvements de la vieille créature...
Le Saint-Esprit ne manque point sur l’heure de nous reprendre intérieurement
et de nous couvrir de confusion d’avoir vécu et obéi à notre chair,... mais nous
devons outre cela, dans le temps destiné à notre examen, considérer nos fautes
et en faire pénitence...”
J.J. Olier précise sa pensée : “ Notre chair, quoique indigne d’être
appliquée à Dieu, lui est néanmoins consacrée par le Baptême; par conséquent
elle ne doit agir que pour Dieu...
La seconde chose qu’il faut examiner est si nous avons vécu à Dieu, et si
nous avons été en sa présence pour faire toutes choses à dessein de l’honorer et
de lui plaire....
La troisième chose que nous devons examiner est si, vivants à Dieu, nous y
avons vécu en Jésus-Christ, c’est-à-dire si les œuvres que nous avons faites
même pour Dieu ont été faites en des dispositions chrétiennes, et si l’esprit de
Jésus-Christ les a remplies et animées de ses vertus et de sa grâce...”
Jean-Jacques Olier veut transformer la journée du chrétien en une union
continuelle avec le Seigneur. Mais compte tenu de notre faiblesse, des
manquements de toutes sortes sont inévitables. C’est pourquoi J.J. Olier nous
propose, après avoir invoqué le Saint-Esprit et rappelé le souvenir de la sainte
Vierge et des saints, de procéder à un examen de conscience minutieux. Voici
quelques-uns des principaux points qu’il suggère pour cet exercice qui n’est
plus guère à l’honneur en ce début de notre XXIe siècle :
– nous humilier devant Dieu, à cause de notre indignité.
– remercier Dieu de ses biens, et en particulier, des secours qu’il nous a
envoyés tout au long de ce jour et des grâces qu’il nous a accordées.
– lui demander la lumière “qu’il apportera avec lui à l’heure de notre mort
pour nous faire connaître nos péchés. Demandons-lui cette lumière de sainteté
qui les fait voir avec honte, et qui en donne horreur et contrition, afin de
prévenir son jugement par notre pénitence.”
“Il est bien à propos, en nous couchant, de nous exposer à Jésus-Christ Notre
Seigneur, couverts de honte du pauvre usage que nous avons fait de nos sens et
de nos puissances intérieures et extérieures,... et de le conjurer de
nous vouloir sanctifier en tout nous-mêmes, et d’appliquer sur nous
l’usage qu’il a fait de ses sens... Désirons donc en nous couchant que
Jésus-Christ imprime sa vie en nous, et qu’il nous revête de lui-même en
réparation de notre perte et du mauvais usage que nous avons fait de nous et de
lui en nous-mêmes pendant cette journée.
Il faut d’abord invoquer l’Esprit divin de Jésus-Christ... “pour nous faire
connaître
notre intérieur en sa difformité... Il faut être anéanti et humilié.”
Il y a trois parties dans le sacrement de pénitence: “la confession, la
contrition et la satisfaction qui ont leur fondement sur les mystères de
Jésus-Christ.
– Dans le Jourdain où Jean le Baptiste prêchait la pénitence, et où le peuple
confessait ses péchés, Jésus “confessa ses péchés.” Mais Jésus avait déjà
pris sur lui les péchés du monde, aussi était-ce les péchés du monde qu’Il
confessa. Mais “en même temps que Jésus-Christ faisait cette déclaration si
honteuse de nos péchés, le Père éternel se sentit obligé de le déclarer
innocent, faisant entendre qu’il était son Fils bien-aimé, en qui il prenait
toutes ses complaisances...
– La contrition est fondée sur le mystère de Jésus qui, après le Baptême dans le
Jourdain, fut poussé dans le désert “pour y pleurer les péchés de ses frères
qu’il avait pris sur soi... Là il était pleurant le jour et la nuit, et
pratiquant tous les exercices de pénitence et de jeûne.”
– La satisfaction a son fondement dans la mort de Jésus-Christ: “Une mort de
Jésus-Christ vaut mieux que la mort de tous les hommes ensemble, et lui seul
mourant pour tous et les couvrant des mérites de sa mort, satisfait plus à Dieu
que si chacun mourait autant de fois qu’il commet de péchés... Nous devons
demander particulièrement l’humilité pour la confession, l’amour pour la
contrition, et la force pour la satisfaction...
Notre Seigneur ne remet le péché du pénitent que selon les dispositions de
son âme, lesquelles il voit évidemment. C’est Jésus-Christ, juge de notre cœur,
et c’est lui-même opérant en l’âme par son Esprit de pénitence, lequel seul nous
rend parfaits pénitents, c’est lui qui nous juge invisiblement dans le prêtre,
sous lequel il est présent comme il l’est au ciel dans le sein de son Père...
“C’est sous l’effet de la justice de Dieu que l’âme éprouve et porte sur soi
la confusion, comme la suite digne de son péché... Il faut donc embrasser cette
confusion comme un commencement de pénitence...
Dans un secret divin, et sous ce sacrement et mystère admirable qu’il a
établi en son Église, Dieu reçoit par avance avec miséricorde l’aveu libre de
notre offense et la réparation volontaire que nous en faisons maintenant, au
lieu de celle que nous serions contraints de faire un jour publiquement, sans
être justifiés de notre crime. Si bien qu’il ne faut pas regarder le
confessionnal comme un lieu de supplice et comme un gibet d’horreur, mais comme
un lieu de respect et d’amour, où Dieu réside en sa miséricorde, et où il exerce
un jugement de clémence et de bonté pour nous...
Or, comme Dieu le Fils est dans le confesseur, Dieu le Père est dans son
Fils, et en lui il juge, il pardonne, il absout; ainsi il est présent avec son
Fils dans le prêtre, pour recevoir et pour entendre la confession naïve et
véritable de notre péché.”
“Le saint sacrifice de la croix a été l’œuvre du plus grand amour de
Jésus- Christ, et ainsi la plus importante de sa vie. C’est pourquoi il désira
s’y préparer avec toute la dévotion et toute la solennité possibles, et se mit
en oraison, où il souffrit beaucoup... Cette conduite de Notre Seigneur est un
exemple qui montre aux chrétiens, premièrement, que dans toutes les affaires
importantes il est bon de prendre un temps pour s’y préparer en esprit, afin de
les exécuter ensuite avec fidélité et sainteté nonobstant les obstacles et les
difficultés qui s’y peuvent rencontrer. Et secondement qu’il est très utile de
prévenir les moments d’impuissance, où l’on est réduit à l’agonie, afin de
s’offrir à Dieu par avance en sacrifice, et d’accepter ses jugements avec toute
la dévotion, tout l’amour et toute la religion que nous devons avoir...”
“Je m’offre à vous, mon Père, pour en faire le sacrifice (de ma vie) et pour
souffrir l’anéantissement auquel vous me pouvez réduire à tous moments... Je me
livre à vous, je me soumets à votre jugement, et suis prêt à en subir la peine à
l’heure que vous voudrez...
Mon Dieu et mon Père, j’adore votre toute puissance et le droit que vous avez
de détruire l’ouvrage que vous avez produit. Nous savons que vous nous pouvez
casser comme un potier casse un vase d’argile; rien ne peut résister à votre
toute puissance...
Mon Dieu et mon Père, j’adore votre saint amour qui souffre avec peine l’exil
de ses enfants... car notre exil est dur. Retirez-nous de nous et de toute la
créature; tout notre désir est d’être sacrifiés et consommés dans votre sein
d’où nous sommes sortis par votre amour, et où nous désirons retourner par votre
même charité... Créez en nous un cœur nouveau; le nôtre est un fonds inépuisable
d’impuretés: il est tout pétri d’amour-propre...”
Parmi les intentions citées par J.J. Olier, on peut en retenir quelques-unes
plus importantes:
“Il faut s’abîmer en Jésus-Christ, priant pour son Église, et demander avec
lui tout ce qui manque, et au général, et au particulier, comme l’humilité pour
les uns, la patience pour les autres, la douceur pour ceux-ci, pour ceux-là la
pénitence... Il faut se perdre dans les reconnaissances (du Fils de Dieu), dans
sa gratitude, dans ses remerciements, dans sa joie et dans son amour... Il faut
offrir le sacrifice dans les intentions du Fils de Dieu mourant et satisfaisant
à son Père pour tous les crimes du monde; engendrant son Église sur la croix,
lui méritant la grâce du saint crucifiement de la chair et celle de la mort à
tout ce qui n’est pas Dieu...” Il faut ofrir le saint sacrifice dans les
intentions de la Très sainte vierge, et le lui mettre entre les mains, afin
qu’elle l’offre à Dieu, comme elle sait bien le faire...”
Comment nous préparer “pour être dignes de posséder Dieu?” J.J. Olier
évoque successivement Marie, le vieillard Siméon, les prophètes pleins
d’humilité et de charité, et qui ne pensaient qu’au salut du genre humain. D’où
l’instante prière :
“Venez donc en nous, ô Seigneur, pour la gloire de votre Père. Venez anéantir
en nous l’empire de Satan, son ennemi juré. Venez anéantir en nous cette chair
de péché en ses mauvais désirs et en ses misérables attaches. Venez établir en
nous le royaume de Dieu le Père, et faites que tout lui soit obéissant en nous.
Venez, ô mon Dieu, anéantir tout mon vieil homme, et vous établir en sa place...
Venez en moi, et m’attirez à vous, et me changer en vous; et ainsi soyez en
moi, et moi en vous, comme votre Père est en vous, et vous en votre Père. Venez
vivre en moi, et que je ne sois plus moi, que je sois si intimement en vous, que
je ne sois qu’un avec vous.
Je ne puis vivre sans vous; venez donc en moi vivifier mon âme qui se
consomme toute en votre amour; qu’ainsi par vous je glorifie votre Père, par
vous je serve tous mes frères et les remplisse de vous; et qu’ainsi tout en
vous, je puisse continuer votre vie... ”
“Je vous adore, essence de mon Dieu, qui remplissez de votre auguste majesté
les trois personnes
adorables de la très sainte Trinité. Je vous adore, Majesté
souveraine, cachée sous cet adorable sacrement, et qui venez par Jésus-Christ
vous donner à nous. Je vous adore trésor immense...
Qui vous peut dignement recevoir, ô suprême grandeur! Ô sainteté incomparable
de mon Dieu! Vous êtes bien selon votre dignité, dans les trois personnes
divines; mais venant parmi nous, qui sera la personne digne de vous recevoir?...
Le Fils dans la communion se fait don des hommes et rend aussi son Père un
véritable don. Celui qui faisait tous les dons, donnant son Fils et son
Saint-Esprit, et de qui tout don descend, devient lui-même notre don en la très
sainte communion... Nous recevons en nous les dons que le Père fait au Fils, les
dons que le Père et le Fils font au Saint-Esprit...”
Jésus nous poursuit intérieurement, et J.J. Olier s’écrie :
“Vous me pressez et vous venez vous insinuer en toutes mes puissances; plus
je recule et m’éloigne de vous, plus, ô mon Jésus, vous vous unissez à moi et
vous faites un avec moi. Comme votre Père s’insinue en vous de toute éternité,
Verbe divin, en sorte qu’il vous remplit tout, et qu’il est tout en vous: ainsi,
ô mon Jésus, vous vous insinuez en moi, et vous faites une même chose avec moi
par une intime pénétration de tout moi-même...”
Mais hélas ! où Jésus vient-il prendre sa demeure, ”dans une chair
criminelle?” D’où la supplication :
“Vous voyez quelle est la peine d’une âme qui est appesantie dans la terre et
vivante dans l’impureté d’une vie grossière et animale. Vous savez, ô mon Jésus,
quelle est la condition d’une âme tirée hors du sein de Dieu: et pour cela, ô
mon Seigneur, vous êtes venu au monde pour soulager les âmes et les remettre
dans ce sein dès la vie présente. Vous portez une âme dans le sein de Dieu quand
vous êtes uni intimement à elle par la sainte communion...”
“Mon Jésus... je vous laisse mon âme pour opérer en elle tout ce qu’il vous
plaît à la gloire de Dieu... Anéantissez en la vertu de votre Esprit mon
orgueil, mon avarice, ma colère, ma luxure et enfin tout l’amour de moi-même.
Faites-moi la miséricorde, ô mon Seigneur, que je n’aie plus en vue que Dieu, et
que je n’agisse plus que pour lui, de même que vous faites et que vous avez
toujours fait vivant sur la terre... Soyez, ô Jésus, la vie de mon âme,
pénétrez-la intérieurement des mouvements de votre vie divine, puisque vous
venez comme un Esprit vivifiant par la sainte communion...
Opérez donc en mon âme, et la vivifiez par vous, en sorte que vous produisiez en
elle toutes les œuvres de votre vie... Que l’on voie donc qu’un nouvel homme
m’anime, qu’une nouvelle vie est en moi, qu’un nouvel esprit me possède; bref
qu’un Dieu vit en moi et me fait vivre comme lui... Que la lumière de mon Dieu
me découvre la vanité de toutes choses et la vérité de Dieu seul, et que tout ce
qui n’est point de Dieu n’est que mensonge, que figure et qu’illusion...”
“La grâce nous sépare de nous, la
grâce nous dégage des créatures ; la grâce nous ouvre à Jésus-Christ... Il faut
que l’âme, toujours anéantie en elle-même, vide de tout, séparée de tout,
dépendante de la grâce de Jésus-Christ, se tienne ouverte à lui par la prière,
pour ne recevoir que lui, pour n’aimer que lui, pour ne se plaire qu’en lui, et
pour trouver toute sa béatitude en lui...”
L’oraison est donc continuellement nécessaire, qui sollicite la grâce de Dieu.
“Cette oraison se fait au fond de l’âme qui, par un regard et par un soupir
envers Dieu l’attire, l’appelle incessamment à soi et lui demande sa vie... Il
ne faut jamais cesser de prier et d’appeler à soi la grâce, afin d’obtenir
toujours une nouvelle vie pour croître en Jésus-Christ...
Ce que l’union naturelle de l’âme avec le corps fait en l’homme pour
conserver la vie, l’oraison le fait dans notre intérieur, et Dieu a voulu
rendre l’homme dépendant de l’oraison en sa vie spirituelle, pour l’obliger à
confesser son indigence et son néant, et à reconnaître toujours Dieu dans son
principe... C’est ainsi que l’âme, en vue de son néant, craintive en elle-même,
se méfiant de sa faiblesse et de son infirmité, s’affermit en son néant,
invoquant à soi l’Esprit de Dieu, du milieu de sa crainte et de son
humiliation...”
Les chrétiens sont consacrés à Dieu par le Baptême pour être des hosties de
louange. Mais, compte tenu de
la faiblesse des hommes, Jésus veut suppléer à
leurs misères et à leurs infirmités : “Aussi se tient-il assidu sur l’autel,
comme une hostie de louange perpétuelle, rendant à Dieu les devoirs de chacun...
Il n’y est que pour aider à notre infirmité et pour réparer les fautes de notre
négligence. Il veut donc qu’on le visite de temps en temps...”
L’adorable sacrement de l’autel, c’est une dilatation du mystère de
l’Incarnation, c’est Dieu avec nous. “Pendant qu’il vivait sur la terre,
Jésus travaillait et méritait seul pour nous...“ Maintenant, il ne veut plus
être seul, “il veut passer en nous et animer ses membres de son esprit et de
sa vie, pour être en nous...
Heureuse l’âme qui se voit appelée à n’être qu’une chose avec Jésus-Christ,
et à rendre en lui, à Dieu, tout ce que Jésus-Christ rend à Dieu lui-même!
Heureuse l’âme qui en la pointe de son esprit entre dans le ciel pour y honorer
Dieu, et qui, pour le glorifier se perd en toute l’étendue de Jésus-Christ !...
Heureuse l’âme qui entre dans l’amour et dans la consommation de
Jésus-Christ, et qui se revêt ainsi de sa sainteté même !
C’est un bien incompréhensible et admirable que le très saint Sacrement. Il
nous met Dieu devant les yeux, et le tient présent à l’église pour y recevoir
tout l’honneur et toute la gloire qu’il peut attendre de sa créature...
Ce divin Sacrement est un sacrement de communion qui exprime que Jésus-Christ
veut être vivant dans les âmes... et que par là il veut remplir le monde du
culte de l’amour qui est dû à Dieu... Quel mystère adorable et de Dieu adoré et
de Dieu adorant en son Fils! Quelle joie de voir ce tabernacle où nous savons
que Dieu reçoit tant d’honneur, tant de gloire et tant d’amour en la personne de
son Fils qui lui rend pour soi et pour l’Église ce qu’elle n’ose et ne peut
entreprendre de lui rendre par elle-même... Mais ce qui doit être notre joie est
de savoir que Dieu ait au moins en Jésus-Christ un adorateur tel qu’il le
veut...”
Passant en revue quelques-uns des exercices qu’il propose pour la prière devant
le saint Sacrement, Monsieur Olier indique “que Dieu veut être honoré sous
tous ses titres (sainteté, immensité, simplicité, lumière, puissance, amour,
créateur, rédempteur, juge roi, etc.) et il prétend que la créature se
présente souvent à lui pour l’adorer, pour le louer, pour le remercier, pour le
prier et pour s’affliger en sa présence. Mais il veut que ce soit toujours en
l’union et en la vertu de Jésus-Christ, qui repose pour cet effet au très saint
Sacrement de l’autel, et qui s’y tient toujours présent pour recevoir le monde,
le remplir de lui et des sentiments que chaque particulier doit avoir en son
cœur.”
Et J. J. Olier de conseiller, entre autres choses :
– d’invoquer l’Esprit-Saint,
– de demeurer en paix et en silence attendant l’opération du Saint-Esprit en
nous,
– de s’unir à Notre Seigneur pour rendre à Dieu nos devoirs avec lui qui se
proteste[1] en
ce saint Sacrement la créature de Dieu son Père... L’âme doit s’unir à cette
protestation de Jésus-Christ.



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